Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 17:11

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Au fait pourquoi les mouches ont-elles des yeux à facettes ?

Au fait pourquoi trouver ça drôle quand c’est les autres qui tombent ?

Au fait pourquoi le silence d’après Mozart est toujours de Mozart mais pas celui de Rika Zaraï ?

Au fait pourquoi n’y pas avoir songé avant ?

Au fait pourquoi l’orage se sent-il sur la peau  ?

Au fait pourquoi le rouge est-il la couleur de la révolution ?

Au fait pourquoi les Allemands ne font pas la différence entre un boucher et un charcutier ?

Au fait pourquoi faire attention à la marche ?

Au fait pourquoi la mayonnaise ne prend pas toujours ?

Au fait pourquoi se taire ?

Au fait pourquoi tu tires cette tête ?

Au fait pourquoi ne pas lui dire que je l’aime puisque c’est vrai ?

Au fait pourquoi tu me poses toutes ces questions ?

Au fait pourquoi dire bonjour à la dame ?

Au fait pourquoi continuer ce que d’autres ont commencé ?

Au fait pourquoi pas ?

Par La silure - Publié dans : En vers, en prose
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 15:06

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Pantoum

 

 

Ils appellent ça la mélancolie

en tout cas, avant c’était mieux

comme dans ce poème de Heine

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten, dass ich traurig bin

 

en tout cas avant c’était mieux

avant cet hôpital

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten, dass ich traurig bin

cette porte est trop fermée

 

Avant cet hôpital,

L’herbe était plus verte

Cette porte est trop fermée

Pour être honnête

 

L’herbe était plus verte

Ils appellent ça la mélancolie

Pour être honnête

comme dans ce poème de Heine

 

Par La silure - Publié dans : Pantoum & Villanelle
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 22:41

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Poser la pantoufle sur le carreau noir.

D’un air totalement quelconque, avancer d’un pas. Ramener la seconde pantoufle sur le carreau blanc d’à côté.

Opérer une rotation de 90° gauche, et réitérer l’opération susmentionnée.

Tendre le bras droit (ou gauche, c’est selon), jusqu’à se saisir du bitoniau en bois qui sert de poignée à la  porte du placard. Se baisser un peu (flexion des genoux) pour épargner son dos mal en point.

Tirer la porte à soir jusqu’à ce qu’elle bée façon chèvre.

Tendre le bras libre en direction du bol bleu – ils sont tous bleus, en choisir un. Le caler entre sa main et son flanc sans laisser traîner ses doigts dedans. Du bol ou du doigt, l’un des deux est forcément plus sale que l’autre, inutile de souiller l’élément le plus propre du désormais indissociable binôme.  

Se redresser. L’opération suivante requiert vélocité et précision.

D’une pointe de pantoufle avertie, et mue d’un coup de hanche non moins expert, refermer la porte du placard d’un claquement bref. Clac !

Rotation de 90° gauche, avancer de trois carreaux noirs et deux carreaux blancs. Re-rotation à gauche, de 90°. Deux noirs un blanc. Rotation 90°, droite cette fois. Joindre les pantoufles sur deux carreaux voisins. Stop. Ne plus bouger les pieds.

Poser le bol sur le plan de travail.

Tendre la main droite vers l’étagère, éviter de frôler la boîte de dragées poussiéreuse du dernier mariage et slalomer entre les pots en verre sans faire tomber le rouleau de Sopalin qui s’appellera Küchentuch parce que ce Sopalin-ci parle allemand.

Attraper la bouteille d’huile et la ramener à soi d’une pliure de coude, la poser sur le plan de travail à côté du bol. Bling !

Réitérer le mouvement précédent pour choper le vinaigre. Bling !

Sans se pencher parce que ce serait de la triche, ouvrir le tiroir pour en sortir une cuiller à soupe sans éclat. La poser aussi à côté du bol.

Les choses se précisent.

Faites entrer votre corps en mouvement, en tournant de 90° sur la gauche le temps de franchir trois carreaux (deux blancs, un noir), ou alors allez-y en (minuscules) pas chassés. Arrêt devant le frigo. Ou plutôt un peu à côté, sinon ça bloque l’ouverture de la porte. Donc, poser la main sur le rebord de la porte et constater qu’il faudra passer un coup de chiffon car à force de poser des mains grasses sur le rebord de la porte, il y a une trace sombre sur la paroi qui était blanche à l’origine. Tirer la porte à soi, bref l’ouvrir.

La lumière du réfrigérateur s’est allumée sans crier gare. Bon signe.

D’un œil aguerri, chercher la moutarde (deuxième étage en partant du haut, petit pot jaune à étiquette rouge, reconnaissable entre mille autres produits). La prendre d’une main ferme et l’extirper du frigo tout en recourant au coup de hanche habituel et au bout de savate pour refermer la porte et ne pas gaspiller l’énergie déployée par le système de réfrigération.

Cap sur la gauche pour le déplacement retour : un carreau noir, deux blancs. Regagner sa place face au bol, à l’huile, au vinaigre, à la cuiller. Le ventre s’appuie mollement sur le plan de travail si besoin est.

Dévisser le couvercle du pot de moutarde, le remiser par-devers soi pour une fermeture ultérieure dudit pot. Plonger la cuiller dans la moutarde et employer l’ustensile au transvasement du condiment de son pot industriel au bol. Une cuiller suffit. Reboucher le pot (c’est là qu’on est content de l’avoir remisé prudemment deux lignes plus haut). Effectuer le va-et-vient vers le réfrigérateur jusqu’à retrouver sa place initiale.

Se saisir de la salière et de la poivrière, en contre-haut, sur l’étagère. Secouer énergiquement chacune d’entre elle au-dessus du bol de façon à asperger généreusement la moutarde lovée au fond. Ranger sel et poivre là où il se doit.

S’emparer du goulot de la bouteille de vinaigre et soulever le bouchon d’un mouvement du pouce. Laisser couler le liquide dans la cuiller par deux fois, avant de le verser dans le bol. Replacer le vinaigre recapsulé sur le plan de travail, ajouter de l’huile en mince filet au mélange, tout en touillant avec entrain la préparation de façon à ce qu’elle épaississe.

Reposer la cuiller sur le rebord du bol, plonger un doigt gourmand, rien de tel pour savoir si la sauce est réussie.
La vinaigrette est prête. A table !
On fera la vaisselle après.

 

 

 

 

Par La silure - Publié dans : En vers, en prose
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 22:11

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Je ne pense à rien.

 

Ah si, tiens, à ça.

Quoi, ça ?

Ben rien.

Tu dis « ça », alors c’est quelque chose ?

Oui, enfin non, « ça », dans le cas qui nous préoccupe, c’est « rien ».

C’est rien ?

Ce n’est pas rien, C’EST rien.

Ah.

Quoi, ah ?

Ben rien.

Ah.

Quoi ?
Non, je me disais seulement qu’il était absurde de prétendre ne penser à rien alors même qu’on y pense en le formulant. Or penser qu’on y pense, c’est penser à quelque chose.

Tu dis ?
non, rien-

Par La silure - Publié dans : En vers, en prose
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 23:12


Sonnet aux vers presque libres (un alexandrin régulier doit figurer, les autres vers pouvant aller de 6 à 14 syllabes), agrémenté d'une surcontrainte: seules deux rimes (au choix) sont autorisées, qui sont dédoublées (rime féminine/ rime masculine)



1- Deux trois mots déchirés sur l’écueil

2- Ombre solaire qu’un creux béant laboure.

3- De vagues infatuées naîtra ce fin recueil

4- Morne inconstance de pans de vers à courre

 


5- Voûter le verbe ou le clouer au cercueil

6- Ultime. Empli d’une horreur électrique bourre

7- Le tronc des sans-voix l’écureuil

8- Au fond rongé par la vie qui l’entoure


9- S’effacer pour un jour, se hisser troubadour

10- Mais ne rouler que des sons gourds

11- Qui en lieu d’orchidées crachent du chèvrefeuille


12- Tel un pet résonne dépité calembour

13- Facile et plat, ne cueille

14- De lauriers que droit venus de Hambourg

Par La silure - Publié dans : Brise marine et Mallarmé
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